Festival Art Souterrain
Lieu d’exposition
Activités
Entropie (2026)
Palettes en bois, miroirs, résine, acrylique
Faite de palettes récupérées et réassemblées en une architecture modulable, Entropie s’érige comme une tour fragile. Dans cette structure bricolée, des miroirs forment des seuils, multiplient les reflets, brouillent les repères et entraînent le visiteur dans un parcours visuel labyrinthique où chaque pas révèle une perspective nouvelle. Des figurines colorées, suspendues ou perchées à différentes hauteurs, incarnent des présences délicates qui dialoguent avec la monumentalité de la matière.
Par ses jeux de miroirs, qui capturent les passants pour les croiser à la structure, et par l’exploration de forces antagoniques — lumière et obscurité, solidité et précarité, monumentalité et miniatursime — l’œuvre révèle toute son ambiguïté. L’espace qu’elle compose devient à la fois refuge et lieu vertigineux, rappelant que toute architecture, intime ou collective, repose sur une tension constante entre équilibre et effondrement.
Homme-Miroir (2026)
Performance
Figure hybride, l’Homme-Miroir est un personnage muni d’une tête cubique entièrement recouverte de miroirs. Par ses déplacements lents dans l’espace, il génère des rencontres spontanées avec le public, qui voit dans les miroirs le reflet de sa propre image fragmentée.
La figure de l’Homme-Miroir agit comme médiateur entre celui qui regarde et ce qui est regardé. Lors de ses interactions avec les gens, il recueille impressions, gestes et brefs récits, qu’il retranscrit ensuite à l’envers sur certaines lattes de bois de la sculpture Entropie. Ces inscriptions, visibles uniquement par le jeu des miroirs, s’intègrent à la structure de l’œuvre comme des traces furtives laissées par la communauté. Entropie devient ainsi un dispositif vivant où reflets, mémoires et présences humaines s’entrelacent pour façonner un espace sensible partagé qui se transforme au fil du temps.
Les regards échangés et les points de vue de chacun deviennent dans ce contexte des terrains de jeu qui révèlent des rapports de pouvoir, mais surtout des possibilités de soin, de solidarité et de réinvention collective.
Biographie
Artiste en arts visuels, Chadi Ayoub est diplômé de la Faculté des beaux-arts et d’architecture de l’Université libanaise à Beyrouth, ainsi que titulaire d’un DESS en design d’événement de l’UQÀM. Sa pratique artistique, nourrie par une recherche interdisciplinaire, interroge l’hybridité identitaire à travers l’autoreprésentation et l’introspection. Il réfléchit aux phénomènes de mutations culturelles et sociales dans une perspective élargie.
Lauréat de plusieurs prix et bourses, il s’investit activement dans le développement culturel régional. Il siège au conseil d’administration de Culture Lanaudière et agit comme expert régional pour le programme d’intégration des arts à l’architecture du ministère de la Culture et des Communications. En 2021, il fonde ROND-POINT, le premier centre d’artistes autogéré en art actuel à Terrebonne, consolidant ainsi un lieu de recherche, de diffusion et de rencontres en arts visuels.
