Festival Art Souterrain
Lieu d’exposition
Heures d’ouverture
Lundi : fermé
Mardi et mercredi : 10 h – 18 h
Jeudi et vendredi : 11 h – 19 h
Samedi : 12 h – 17 h
Dimanche : fermé
Activités
Vernissage : Samedi le 2 mai 2026, de 15 h à 17 h
Traverser le territoire. La couleur n’est pas neutre
Commissaires : Armando Perla & Michael Patten
La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA)
Art Mûr
Performance d’ouverture : Diego Ventura Puac-Coyoy (Guatemala)
Isaac Te Awa (Aotearoa)
Marilyn Boror Bor (Guatemala)
Cholita Chic (Chili)
Lissy Cole (Aotearoa)
Diego Ventura Puac Coyoy (Guatemala)
Angela DeMontigny (Canada)
Volcancitto alias Juan José Guillen (Guatemala)
Stevei Houkamau (Aotearoa)
Jose Luis Fernando Morales (Guatemala)
Adetona Omokanye (Nigéria/Canada)
Ernesto Ovalle (Aotearoa)
Antonio Pichilla (Guatemala)
Juan Carlos Recinos (El Salvador)
Hugo Rivas (El Salvador)
Anders Sunna (Suède)
Anna-Stina Svakko (Suède)
Telly Tuita (Aotearoa)
Renati Waaka (Aotearoa)
Copper Canoe Woman (Canada)
ARIA XYX (El Salvador)
Cette exposition rassemble des artistes autochtones et issus de la diaspora qui considèrent la couleur comme un savoir matériel plutôt que comme un simple effet de surface. À travers la peinture, le textile, les ornements, la sculpture, la performance, la photographie et la vidéo, ces artistes révèlent la couleur comme quelque chose qui est extrait, tissé, porté, transporté et disputé, plutôt que choisi ou appliqué. Ici, la couleur émerge de la terre, du travail et de la violence : du jade et du pounamu, de l’argile et des pigments, du fil, des perles, des tresses et du sang. Elle porte en elle des histoires d’extraction et de commerce, de désir colonial, de cosmologie spirituelle et de résistance politique. Face à l’abstraction et à la neutralité de la théorie occidentale de la couleur, ces artistes affirment que la couleur est située, contestée et incarnée. Dans le cadre de l’examen plus large des frontières proposé par la biennale, cette exposition met en avant la manière dont la couleur elle-même a traversé les frontières, tant de manière violente que cérémonielle. Pigments, pierres et teintures voyagent à travers les routes coloniales, les échanges spirituels et les continuités de la diaspora. Ce que cette exposition rend visible, c’est que la couleur n’est jamais innocente. Elle se souvient d’où elle vient.
L’exposition s’articule autour de quatre domaines thématiques interdépendants qui expliquent comment la couleur fonctionne en tant qu’extraction, cosmologie, résistance et mémoire transnationale.
1. La couleur comme territoire : pigment, pierre et extraction
Cette section met de l’avant la couleur comme un élément issu de la terre. Le jade, le pounamu, l’argile et les pigments minéraux n’apparaissent pas comme des symboles, mais comme des territoires façonnés par l’extraction, le commerce et les systèmes de valeurs ancestraux. Cette section met à l’honneur Stevei Houkamau (Aotearoa, Nouvelle-Zélande), dont les sculptures combinent l’uku, le pounamu et le jade guatémaltèque pour créer un dialogue transnational entre les économies indigènes de la pierre ; Ernesto Ovalle (Colombie/Aotearoa, Nouvelle-Zélande), dont les pendentifs en pounamu mettent de l’avant la pierre autochtone en tant que vecteur de lignée, de mouvement et de responsabilité ; ARIA XYX (El Salvador), dont les sculptures en argile issues du sol de Sonsonate utilisent la couleur et la densité des matériaux pour aborder la violence, la masculinité et la relation du corps à la terre ; Volcancitto, alias Juan José Guillen (Guatemala), dont les collages paysagers superposent le terrain, la mémoire et le déplacement pour rendre la terre à la fois fragmentée et persistante ; et Raquel Corona (Mexique), qui travaille l’argile et d’autres matériaux issus de la terre.
2. La couleur comme cosmologie : le fil, le tissage et la création de mondes
Ici, la couleur s’articule autour de systèmes textiles qui codifient la cosmologie, l’ordre social et le savoir cérémoniel. Les fils et les motifs fonctionnent comme des langues vivantes plutôt que comme des motifs décoratifs. Cette section met de l’avant Antonio Pichilla (Guatemala), dont les tissages, les installations textiles et les pratiques performatives activent les cosmologies autochtones à travers la couleur, la répétition et le rythme spatial ; Isaac Te Awa (Aotearoa, Nouvelle-Zélande), dont les parures et la mode s’ancrent dans les traditions maories du taonga, où la couleur revêt une signification généalogique et cérémonielle ; Luis Fernando Morales (Guatemala), dont les colliers utilisent du corail, du jade et d’autres matériaux dont les couleurs renvoient aux routes commerciales, à la spiritualité et à la mémoire incarnée ; Elias Not Afraid (États-Unis), dont les perles et les parures codifient l’histoire, la protection et la présence autochtone dans l’espace contemporain ; et Renati Waka (Nouvelle-Zélande), dont la photographie de Takatapui en extérieur utilise la lumière et le paysage pour articuler la cosmologie atua/maorie.
3. La couleur comme résistance : image, protestation et refus
Cette section met l’accent sur la couleur en tant qu’arme politique et affective. Ici, la couleur s’oppose à la violence d’État, aux récits coloniaux et au silence imposé par le biais de la visibilité et de la saturation. Elle met en avant Anders Sunna (Suède), dont les peintures déploient des couleurs et des figures agressives pour dénoncer le vol des terres des Samis, le racisme et la violence d’État ; Cholita Chic (Chili), dont la photographie saturée affirme la visibilité des personnes autochtones, queer et féminines face à une esthétique racialisée ; Adetona Omokanye (Nigéria), dont les portraits photographiques mobilisent la mode et la couleur comme armure spirituelle, dignité et autorité sur soi ; Juan Carlos Recinos (El Salvador), dont les aquarelles utilisent la douceur et la subtilité chromatique pour aborder la mémoire, la vulnérabilité et le traumatisme national ; et Hugo Rivas (El Salvador), dont les peintures remettent directement en cause l’héritage du génocide de 1932, dénonçant la complicité artistique avec les régimes autoritaires et l’appropriation violente des images des femmes autochtones.
4. La couleur en mouvement : corps, performance et geste cérémonial
Dans cette dernière section, la couleur traverse les corps. Pigments, textiles, tresses et costumes font de la couleur une réalité qui s’incarne, se porte et se vit, plutôt que de se contenter d’être observée. Parmi les artistes, citons Diego Ventura Puac Coyoy (Guatemala), dont les performances et les œuvres vidéo mobilisent la couleur à travers le geste, le mouvement et l’action cérémonielle ; Telly Tuita (Tonga/Aotearoa, Nouvelle-Zélande), dont les fresques murales et les portraits utilisent la couleur pour articuler la présence du Pacifique, la masculinité et la visibilité de la diaspora à l’échelle architecturale ; Marilyn Boror Bor (Guatemala), qui relie des briques de béton à l’aide de fils et de tresses colorés, transformant les matériaux de construction en témoins du travail et de l’endurance autochtones ; Copper Canoe Woman (Canada), dont la pratique en matière de parure et de mode met en avant des boucles d’oreilles en forme de bouclier, en or et en coquillage, où la couleur symbolise la protection, la souveraineté et la défense ancestrale ; et Angela DeMontigny (Canada), une créatrice de mode travaillant avec des matériaux naturels tels que le cuir, la soie et le lin.


